La permaculture

Contraction des mots anglais « permanent » et « agriculture », la permaculture est une démarche éthique visant à créer des habitats et systèmes nourriciers responsables et durables en s’inspirant des systèmes existants dans la nature.

Cette approche a été fondée par Bill Mollison et David Holmgren en 1978 et a été pensée autour d’une douzaine de principes et trois éthiques : être attentif à la terre, à l’humain et partager les surplus.

 –          Et concrètement … ?

Concrètement, la permaculture n’est pas une méthode de jardinage ou de culture mais bien une démarche éthique qui peut s’appliquer à tous les domaines et tous les environnements. Les principes sont applicables à une entreprise, une famille ou encore une collectivité, dans le but dans le but de favoriser un développement durable.

 –          Par exemple ?

Dans une forêt chaque élément a plusieurs rôles, plusieurs fonctions. Un arbre par exemple peut produire des fruits, servir à se chauffer (bois de chauffage), protéger du vent, mais il aura également une fonction au sein de son environnement propre. Il va modifier la structure du sol de par son système racinaire et favoriser la succession écologique. Autrement dit, il aide les autres acteurs environnants à se développer.

Au sein d’une entreprise, chaque employé est généralement responsable d’une seule tâche. S’il manque à l’appel pour cause d’accident par exemple cela peut s’avérer problématique pour la continuité de l’activité. Dans une démarche permacole, ce même employé pourrait être formé dans le but d’être capable de réaliser diverses tâches, au même titre que ses collègues. En cas d’absence d’une personne, la continuité peut être garantie et répartie sur plusieurs autres éléments : « un élément remplit plusieurs fonctions » et « une fonction est remplie par plusieurs éléments ».

 –          Et comment mettre en place ce genre de système ?

Les éthiques et principes sont mis en perspective grâce à un « design » qui permet de mettre en relation chaque élément entre eux. Pour cela, il faut prendre notamment en compte les objectifs, les limites (physiques et administratives), les ressources disponibles mais surtout en commençant chaque projet par une longue période d’observation qui permettra de comprendre comment les systèmes fonctionnent, comment l’eau se comporte sur le terrain, la qualité du sol, l’ensoleillement à chaque saison, etc.

 –          Pourquoi dit-on que la permaculture est l’agriculture des fainéants ?

Au même titre que la nature n’a pas besoin de l’Homme pour fonctionner, l’objectif est de trouver des systèmes qui demandent un minimum d’interventions humaines. L’important travail de design en amont permet de planifier de manière à ce que chaque action ou intervention soit minimisée.

 –           … par exemple ?

Dans le cadre d’une exploitation agricole, la famille possède un poulailler. Les poules ont besoin d’être visitées tous les jours afin de les nourrir et récolter les œufs.

Si cette famille vit dans un climat plutôt froid en hiver, le poulailler, collé à l’habitat va permettre à la fois de parcourir le moins de distance possible lors de chaque visite, mais également faire profiter la maison de de la chaleur générée par le poulailler.

Le potager se trouve également proche de l’habitat car il demande de l’attention (arrosage, observation, récoltes, etc.) et les poules qui sont de grandes amatrices de limaces pourront, de par leur proximité, sous surveillance, éliminer naturellement les nuisibles et par la même occasion, fertiliser le sol !

Ce ne sont que quelques exemples mais qui résument et illustrent le principe.

Il s’agit de prendre chaque élément et de définir quels sont ses besoins et ses produits afin de les placer sur le lieu de la façon la plus pertinente et la moins énergivore possible. Il y a une quantité de façons d’adapter son lieu selon les principes et éthiques et aucune règle absolue.

–          Encore un truc de « bobo » … non ? Ça ne va pas nourrir la planète tout ça !

C’est une idée reçue, qu’encore aujourd’hui, un certain nombre de gens partage.

Il a été récemment prouvé par l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) en France que la permaculture peut produire plus de végétaux comestibles que l’agriculture traditionnelle dans des systèmes bien conçus. Si les chiffres ne mettent pas tout le monde d’accord, il est établi de façon unanime que le rendement en permaculture est bien supérieur à celui que l’on obtient en agriculture traditionnelle.

Imaginons des micro-fermes permacoles naissant un peu partout dans le monde. Pourquoi ne pas imaginer que la permaculture pourrait nourrir la planète et, par la même occasion, préserver la biodiversité ?

Il a également été établi qu’un fruit ou un légume parcourt entre 2’000 et 4’000 km, avant d’arriver dans nos assiettes ce qui correspond à une demi tonne de pétrole environ. Il y a de quoi s’interroger sur la pertinence de ce système dit moderne (http://equiterre.org/fiche/kilometrage-alimentaire). D’autant plus que sur l’ensemble de l’agriculture mondiale, L’immense majorité de nourriture produite ne sert qu’à nourrir le bétail et seulement une petite quantité est destinée aux humains.

Si l’on parvenait à produire local, vendre local et manger local, comme le faisaient nos ancêtres, on contribuerait déjà à la préservation de la planète qui est, rappelons-le, notre seul et unique habitat !

De par ce constat, la question qui se pose est la suivante :  Diriez-vous de quelqu’un qu’il est un « bobo » d’entretenir son habitat pour la léguer à ses enfants ?

© 2017 PERMAYITI

2 réflexions au sujet de “La permaculture”

  1. Super article sur la permaculture, votre travail est remarquable, je vous souhaite beaucoup de réussite pour votre avenir de permaculteur en Haïti.

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