Situation d’Haïti

Géographie et climat

Située dans la mer des Caraïbes, Haïti fait partie des Grandes Antilles et occupe la partie occidentale de l’île qu’elle partage avec la République Dominicaine. Ancienne colonie française, Haïti a été la première république noire indépendante et l’un des premiers pays des Amériques, après les États-Unis, à déclarer son indépendance. C’est également le pays le moins développé de l’Hémisphère occidental et l’un des plus pauvres du monde. (FAO, 2012)

La République d’Haïti possède un climat tropical, chaud et humide durant l’été. Cependant, en fonction de l’exposition, les températures peuvent varier entre 16°C en altitude (1432 m) et 27°C en plaine (au niveau de la mer) et il est fréquent d’enregistrer des températures allant de 22°C en hiver à 35°C l’été. Le climat est une succession alternée de deux saisons pluvieuses (avril – mai et août – octobre) et deux saisons sèches (juin – juillet et novembre – mars). L’orientation générale du relief haïtien par rapport à la direction des vents dominants (alizés, nordés, vent d’est) engendre de grandes différences en termes de précipitation allant de moins de 1000 mm à plus de 1400 mm par an selon les régions comme notamment le département des Nippes, où se trouve Petite-Rivière de Nippes. (MARNDR, 2005)

Agriculture

Près de 70 % des Haïtiens dépendent du secteur agricole, qui pratique principalement une agriculture de subsistance et emploie 60% de la main-d’œuvre active. L’agriculture représente toujours un des moteurs de l’économie du pays soit plus de 25% du PIB. (FAO, 2012) Cependant, selon le site du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), le manque de ressources financières constitue la principale entrave à la production suivie par l’irrigation, les catastrophes naturelles, l’érosion et le manque d’encadrement que nous avons d’ailleurs pu observer lors de notre voyage de reconnaissance en Haïti en novembre 2017. La population semble livrée à elle-même, particulièrement dans les campagnes où l’encadrement paraît inexistant.

Exode rural

De plus, la baisse des exportations notamment engendrant des revenus très faibles, les agriculteurs ne sont pas capables de renouveler leurs outils et capital animal. La malnutrition puis l’exode rural en sont ensuite les conséquences. (MARNDR, 2009) En effet, en 2012, 10.6 millions d’habitants sont recensés en Haïti dont près de la moitié a fui la pauvreté des campagnes pour les villes et plus de 25% se trouvent dans la capitale. (FAO, 2012) Il n’y a qu’à se balader dans les rues de Port-au-Prince et observer la surpopulation, la pauvreté, la pollution et les montagnes de déchets pour réaliser qu’il est primordial de mettre fin à ce phénomène en revalorisant les campagnes et l’agriculture. 

Dégradation des sols et catastrophes climatiques

La mise en culture rapprochée, le surpâturage, les facteurs physiques (plus de la moitié des terres cultivées se trouvent en montagne sur des pentes importantes) et les facteurs climatiques favorisent la dégradation des sols. La réponse des agriculteurs afin de parer à ces problématiques et améliorer leurs revenus est donc la production de charbon qui, pratiquée de manière anarchique, accélère le processus d’érosion. (FAO, date inconnue) De plus, le charbon de bois est un des rares produits d’exportation avec la mangue et les huiles essentielles. En effet, l’un des principaux consommateurs de de ce charbon est la République Dominicaine dont les lois sur la coupe d’arbre sont beaucoup plus restrictives et profite donc de son voisin qui, vivant dans un contexte économique très difficile, préfère couper les arbres protégeant son terrain ou sa maison afin de subvenir à ses besoins. Les conséquences sont d’ailleurs nettement visibles à la frontière haïtiano-dominicaine ; le côté dominicain arborant une végétation abondante tandis que du côté haïtien, les surfaces sont dénudées et lessivées. (Géode Caraïbe, 2006)  

Selon nos discussions et observations faites lors de notre voyage, les agriculteurs bénéficient parfois de peu de connaissances et d’accès à l’information. Celle-ci, souvent passée de génération en génération, renforcée par certaines croyances, n’est pas remise en question et s’avère inadaptée.

Les conséquences des catastrophes climatiques sur l’agriculture sont également un facteur important à prendre en considération. En effet, 2014 et 2015 furent deux années de sécheresse qui, provoquées par le phénomène « El Niño », ont eu un impact terrible sur la sécurité alimentaire des Haïtiens. L’ouragan Matthew en octobre 2016 n’a fait qu’empirer une situation déjà critique. En effet, la FAO (Food & Agriculture Organization) a pu évaluer à 1.4 millions le nombre d’habitants ayant besoin d’assistance alimentaire. Cette même étude a également révélé que 80% des cultures dans les communes des Nippes, notamment à Petite-Rivière de Nippes, ont été détruites. (FAO, 2016)

Conclusion

Il est donc important de trouver des solutions durables permettant d’inclure ces problématiques. L’agriculture reste un secteur stratégique qui pourrait permettre d’améliorer considérablement la sécurité alimentaire, la stabilité sociale et augmenter la croissance économique du pays, ce qui est par ailleurs l’objectif du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR). (FAO, 2013-2016) Que ce soient les dégâts dus à l’érosion, le manque de surface exploitable ou le mauvais rendement, c’est au sein des principes et éthiques de la permaculture que nous proposons d’y chercher des réponses.

© 2017 PERMAYITI

 

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