Bienvenue sur notre Blog ! (J-15)

Bonjour à tous et bienvenue sur notre Blog !

Nous avons décidé de créer ce blog afin de partager de nos nouvelles plus facilement. Il ne sera donc pas question uniquement de permaculture, mais simplement de ce que nous vivons de partager notre quotidien, notre ressenti, nos joies, nos peines. Nous sommes à 15 jours du départ, nous avons pratiquement vidé notre appartement, emballé toutes nos affaires, vendu ce qui ne nous serait plus nécessaire.

La tension monte d’un cran. Nous nous sommes rendu compte concrètement du départ il y a un petit moment déjà quand il s’agissait de dire au revoir à certaines personnes. Nous sommes en paix, et nous réjouissons d’être sur place. Ici vous trouverez des nouvelles, des images, parfois des vidéos, vous pourrez commenter nos publications, et bien entendu il vous est toujours possible de nous écrire par e-mail sous la rubrique « Contact » de notre site.

On espère que ce blog vous plaira et on vous dit à bientôt pour la suite de notre récit.

Olivia et David

* SHOP *

Toujours dans le but de lever des fonds pour l’association, les articles suivants sont à la vente: de l’artisanat haïtien, des sacs Permayiti, le Pikliz d’Aline et des « protein shakes » de Shake Sisters.

  • Commande: par email (info@permayiti.com) en mentionnant le nom de l’article
  • Paiement: par versement sur le compte de l’association ou via PayPal (ou en main propre). Pas de remboursement ou de retour possible.
  • Livraison: par poste (ou en main propre) après versement

Les articles haïtiens viennent d’une galerie d’art de Port-au-Prince et sont des pièces uniques:

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Les sacs Permayiti ont été imprimés par YB Design à Lausanne. Le coton est bio et issu du commerce équitable.

Prix: 20 CHF

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Le Pikliz (spécialité haïtienne) a été concocté par Aline De Meo et stérilisé après la mise en bocal (été 2018). 

Prix: 12 CHF

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Le fameux Pikliz d’Aline – Repas de soutien nov. 2017

Ce « protein shake » de Shake Sisters au bon goût de baies est bourré de légumes contenant des propriétés antioxydantes, anti-cancéreuses et détoxifiantes. Il donne de l’énergie et favorise la perte de poids. Ils ont été rempli avec tout ce dont vous avez besoin pour passer au mieux votre journée. La forme en poudre est conçue pour se mélanger à l’eau (ou à des jus de fruits) afin que vous puissiez la boire où que vous alliez. N’oublier pas de le secouer!

Prix: 20 CHF les 300 gr.

Ingrédients: protéines de chanvre, protéines de pois, spiruline, herbe de blé, chlorella, luzerne, chou frisé, feuilles d’ortie, feuilles de pissenlit, algues et enzymes digestives; lipase, amylase, protéase:

  • Les graines de chanvre constituent l’une des meilleures sources naturelles de protéines d’origine végétale. La poudre de protéine de chanvre contient 20 acides aminés, y compris les neuf acides aminés essentiels que votre corps est incapable de produire et doit provenir de sources alimentaires. De plus, la poudre de protéines de chanvre contient des acides gras oméga et des fibres.
  • La protéine de pois est une protéine complète contenant neuf acides aminés essentiels. Les avantages sont les suivants: aide à la perte de poids, soutien d’un cœur en santé, augmentation de l’épaisseur musculaire et régulation de la glycémie.
  • La spiruline est un super-aliment issu d’une algue bleu-vert d’eau douce et présente plusieurs avantages pour notre santé: détoxifie les métaux lourds de notre corps, élimine le candida, abaisse la tension artérielle, réduit le cholestérol, stimule l’énergie et accélère la perte de poids.
  • L’herbe de blé est une jeune herbe pleine de toutes sortes de bonnes choses. L’herbe de blé stimule notre immunité, l’absorption des nutriments, augmente le métabolisme et alcalinise notre corps.
  • La chlorella, un cousin de la spiruline, est connue pour stimuler l’énergie, augmenter la perte de graisse et détoxifier les métaux du corps.
  • La luzerne, une herbe, est connue pour ses propriétés anti-âge et anticancérigène.
  • Le chou kale est le roi des légumes verts super sains. Il contient de puissants antioxydants, y compris des niveaux élevés de vitamine C. C’est l’une des meilleures sources de vitamine K. Le kale est également connu pour ses propriétés anti-cancérigènes. De plus, c’est une bonne source de magnésium.
  • La feuille d’ortie détoxifie le corps et réduit les douleurs articulaires.
  • La feuille de pissenlit est connue pour contenir des propriétés détoxifiantes, ainsi que pour favoriser la santé des articulations et des os.
  • Les algues sont emballées avec des micronutriments comme le magnésium, le zinc et l’iode.

Comment avons-nous vécu notre formation en permaculture ?

Voici un petit témoignage de notre ressenti suite à notre certificat de design en permaculture à la Goursaline, en avril 2017 chez Permaculture Design.

Pour plus d’informations sur le PDC, que nous recommandons vivement à toutes les personnes qui souhaitent se former à la permaculture: www.permaculturedesign.fr

Crédit: Nebula-Pictures, www.nebulapictures.com

© 2017 PERMAYITI

Nos partenaires

Il nous font confiance et nous apportent leur soutien dans notre démarche. Voici nos partenaires (ordre alphabétique).

Si vous souhaitez nous soutenir dans notre projet, nous sommes toujours à la recherche de financement et serions ravis d’en discuter davantage avec vous. Merci de nous contacter par email: info@permayiti.com.

La Fondation Antenna Technologies 

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La Fondation Antenna Technologies basée à Genève est désormais notre partenaire scientifique. Il s’agit d’une fondation suisse engagée dans la recherche scientifique et la diffusion de solutions technologiques, économiques et médicales pour répondre aux besoins essentiels des communautés les plus vulnérables.

Nous nous sommes engagés à faire part de nos recherches et de l’avancement du projet dans le but de permettre de diffuser le plus largement possible le modèle de permaculture établi dans des zones climatiques semblables à celle d’Haïti.

Site internet (et source): www.antenna.ch

LEDsafari

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LEDsafari est une start-up dans le domaine de la technologie éducative, basée à Lausanne (Suisse), qui a pour but de combiner l’énergie propre & l’éducation sur l’innovation durable, à travers une formation en sciences et design, centrée sur la création d’une lampe solaire LED. Leur objectif est d’habiliter les générations futures à lutter contre le changement climatique et adopter des technologies durables.

Leur programme d’entreprenariat est conçu pour former des entrepreneurs locaux dans les zones non-électrifiées des pays en développement, avec l’aide d’organisations partenaires comme nous, qui soutiennent déjà une communauté en particulier. La formation stimule le développement des compétences, la génération de revenu et le maintien de sources de revenus indépendantes.

Site internet (et source): ledsafari.com

La Fondation Le Solstice

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Le Solstice est une fondation privée, gérée par la troisième génération de la famille fondatrice du Solstice. Le Solstice a pour but d’aider ses pays partenaires en difficulté de développement social et économique. Pour ce faire, la fondation a trois programmes. Trois programmes dont les objectifs sont de sécuriser l’emploi et de créer une communauté d’organisations soudée et forte:

  1. un programme de soutien pour que les enfants de milieux défavorisés aient accès à une éducation de qualité,
  2. un programme de soutien aux organisations de la société civile menant des projets dans un but éducatif ou environnemental
  3. un programme de volontariat, dans le but de fournir des ressources humaines à ses partenaires, ainsi que partager des expériences percutantes afin de sensibiliser la communauté internationale.

Nous devenons ainsi leur premier partenaire actif en Haïti.

Site internet (et source): http://www.lesolstice.ch/

Fondation ProFutura

La Fondation ProFutura a pour but de promouvoir et soutenir toute activité culturelle, humanitaire et scientifique.

Villes et communes

Un grand merci pour le soutien des villes et communes suivantes pour leur générosité:

Olivia & David

© 2017 PERMAYITI

Formation SuperAdobe mars 2018

C’est avec des courbatures mais des étoiles plein les yeux que nous sommes revenus de notre formation d’une semaine en Italie prodiguée par Davide, (association Vide Terra) qui a été lui-même formé par CalEarth, ainsi que Marco, tout droit venu de Californie, formateur chez CalEarth.

Une semaine et 8m3 de terre plus tard, nous sommes convaincus que les constructions SuperAdobe (ou « Earthbags ») sont une réelle réponse aux besoins des Haïtiens tout en prenant en compte le contexte économique, climatique et environnemental de l’île.

Découvrez quelques photos du dôme de 2m50 de diamètre que nous avons réalisé lors de ce workshop.

© 2018 PERMAYITI

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PERMAYITI

Le projet PERMAYITI est un projet inclusif comprenant de nombreux aspects : environnementaux, écologiques, sociaux, pédagogiques, alimentaires, économiques sans oublier la santé et le bien-être.

Cadre logique

  • Objectif global : améliorer les conditions de vie de la population de Petite-Rivière de Nippes, Haïti.
  • Objectifs spécifiques :
  1. Produire des fruits et légumes biologiques dans le but de contribuer au repas servi quotidiennement aux cinquante enfants fréquentant l’école.
  2. Proposer des formations théoriques et pratiques aux enfants de l’école et à la population de Petite-Rivière de Nippes sur la permaculture: production biologique de fruits et légumes, gestion de l’eau potable, gestion des déchets, communication non-violente (CNV) et construction d’habitats respectueux de l’environnement tout en étant résistants aux ouragans et tremblements de terre.
  3. Participer à l’organisation de l’économie locale de Petite-Rivière de Nippes en favorisant les circuits courts, en mettant en avant les artisans et en renforçant l’autosuffisance.

La micro-ferme permaculturelle

Une micro-ferme permaculturelle est un agrosystème productif et naturel fonctionnant avec un apport minimal d’énergies fossiles. Tout est réalisé manuellement ce qui permet une densification de la production et par conséquent un meilleur rendement. De plus, la petite superficie permet de limiter les investissements de départ. Grâce aux études menées par la ferme du Bec Hellouin en France, il est désormais prouvé que 1000 m2 cultivés en maraichage permaculturel permettent de créer une activité économiquement viable. En effet, réduire les surfaces de culture en diversifiant la production permet de libérer de la place à d’autres fins tels que par exemple la production d’arbres fruitiers ou d’élevage d’animaux. (Léger & Guégan, 2015)

Avec trois terrains déjà en notre possession, nous souhaitons répartir les activités de la manière suivante :

  1. Terrain #1 – 1100m2 : maraîchage intensif de fruits et légumes, insertion d’un poulailler et construction de notre habitat
  2. Terrain #2 – 1160m2 : création d’un potager permaculturel pédagogique dédié aux enfants de l’école (env. 50 enfants au quotidien) qui se trouve sur ce même terrain
  3. Terrain #3 – 4000m2 : création d’une forêt-jardin (aussi appelée forêt comestible)

PERMAYITI n’est pas seulement un projet agricole mais bien un projet social ayant pour but d’intégrer et former la population afin qu’une fois le terme du projet arrivé, les habitants puissent subvenir eux-mêmes à leurs besoins alimentaires. Les formations seront dispensées dans les locaux de l’école existante pour les cours théoriques et sur les différents terrains pour l’aspect pratique.

© 2017 PERMAYITI

La communication non-violente

Je ne peux pas parler de la communication non-violente (CNV) comme le ferait un spécialiste du sujet. Je suis un néophyte, mais cela ne m’empêche pas de constater que ça fonctionne très bien, ce qui m’a donné envie de faire une sorte de plaidoyer pour la CNV parce-que je considère que ce sera un véritable outil immatériel à prendre avec nous en Haïti. Ceci n’est donc rien d’autre que mon récit, ma propre expérience personnelle de ma rencontre avec la CNV.

La communication non-violente c’est quoi ?

C’est une forme de communication (par le langage) structurée de façon à nous aider à repérer ce qui dans nos émotions bloque et nous conduit à des sentiments comme la violence ou la colère. Elle peut désamorcer les conflits au lieu de les rendre stériles, elle permet de développer nos capacités à clarifier ce que nous vivons et à exprimer des demandes claires. Enfin, elle nous permet d’apprendre à décoder l’agressivité de manière à instaurer un dialogue ou chacun se sent reconnu et prend plaisir à satisfaire les besoins de l’autre. Elle réveille aussi le plaisir de coopérer que ce soit en milieu professionnel ou familial. (Padovani, 2010)

Récit de mon expérience personnelle – par David Weber

J’ai personnellement eu du mal à exprimer tout au long de ma vie ce que je ressentais, à me faire comprendre ou alors à trouver l’écoute dont j’avais besoin. Au bout d’un moment, je me suis rendu à l’évidence ; le monde était plein de contradictions, comme chaque être humain, néanmoins il existait des façons de communiquer avec le monde puisque certains y arrivaient. Et c’était vrai, j’avais toujours une manière très dysfonctionnelle de gérer les situations de conflits, de colère ou de blessures intérieures et, autour de moi, de nombreux exemples de gens qui y arrivaient très bien tous seuls. Je me suis donc mis à la recherche de ces outils qui existaient probablement quelque part loin de ce monde que je rejetais de plus en plus idéologiquement.

Un long bout de chemin plus loin, j’ai découvert la permaculture et de facto la communication non-violente. J’ai réalisé que la permaculture était, d’une certaine façon, une non-violence absolue. La même prônée par Gandhi, Martin Luther-King ou Jésus pour ne citer qu’eux. Je les ai tous étudié à l’école ou au catéchisme, mais cela ne m’a pas empêché de passer à côté de l’essentiel. Afin de pouvoir vivre en harmonie avec son environnement, la nature, son habitat et dans la logique de prendre soin de soi, mais aussi d’interagir sereinement avec les autres, j’ai vite compris que des cours de rattrapage en CNV allaient être nécessaires.

J’ai eu la chance de participer à un stage de communication non-violente alors que j’en ressentais le besoin suite à des difficultés que je traversais au sein de mon environnement personnel et professionnel. J’ai compris que les sentiments de frustration et de colère se traduisent par des besoins fondamentaux qui ne sont pas remplis. Je ne suis pas expert sur le sujet, mais les changements que j’ai pu constater au sortir de ce stage m’ont profondément bouleversé et j’avais envie d’en parler dans le cadre de notre projet PERMAYITI. En effet, nous serons confrontés directement à une population avec des besoins qu’il faudra prendre en considération dans le but de pouvoir faire vivre cette expérience de la façon la plus paisible pour tous.

Pour certaines personnes, l’aisance dans l’exercice de la non-violence est plus rapide que pour d’autre comme tous les types d’apprentissages. Nous n’apprenons pas tous de la même façon. On nous apprend plein de choses à l’école, au collège, en apprentissage ou à l’université, mais en dehors du cadre familial, on nous apprend rarement à interagir avec les autres ni à prendre conscience de ce que l’on ressent, mais le plus souvent à ce qu’il « faut » qu’on fasse. J’ai été frappé de découvrir au travers de mes stages en permaculture et en CNV à quel point ma façon d’exprimer mes besoins était fausse.

Depuis mon enfance, on m’avait toujours dit que la vie était dure, qu’il fallait se battre pour se faire sa place et je me rendais bien compte que j’étais souvent frustré face à bien des choses. Et, paradoxalement, je voyais dans mon entourage des gens qui avait une capacité à communiquer avec tout le monde et à se faire comprendre qui me dépassait totalement. Un petit bout de route plus tard, je réalise à mon stage de CNV que je faisais beaucoup d’interprétations et de jugements au lieu d’analyser de quoi j’avais besoin et que je ne m’écoutais pas suffisamment moi-même, pour ensuite travailler à régler cette problématique.

Je m’enfermais donc dans ma colère ou mon silence face à un flot de frustrations qui a eu pour conséquence de m’épuiser au lieu de me laisser le choix. La seule personne à souffrir de cette situation c’était moi-même et il me fallait trouver un moyen de digérer ces émotions sans souffrance colère ou frustration.

La communication ne passe pas que par les mots, il y a aussi ce qui se passe à l’intérieur de nous, nos émotions, qui parfois se matérialisent au travers de notre corps, par des problèmes physiques tels que des maux de dos, de ventre, des réactions cutanées, etc. Il y a une grande partie de ce que l’on ressent qui est non-dite, que l’on ne peut nommer, or nous avons tous besoin d’être entendu, d’être compris. Si l’on n’y parvient pas, la frustration s’accumule et amène à des réactions telles que la colère ou la tristesse par exemple.

En sortant du stage, j’ai compris que l’élément qui déclenche une réaction (ex. qqch qui nous fait bondir) s’appelle le stimulus. Ce stimulus provoque une réaction. Elle se manifeste différemment en fonction de chez qui elle nait :

  • Une personne colérique va crier ou entrer dans un débat utilisant l’ironie ou l’agressivité, parfois la vulgarité, rendant la discussion totalement stérile puisqu’en réalité, ni moi ni mon interlocuteur n’écoutons ce que l’autre a à dire. Dans le meilleur des cas, on finit par se faire la gueule, dans le pire on « s’étrangle ».
  • Une personne peu loquace aura tendance à contenir toute l’agressivité que lui déverse son interlocuteur, de bouillir à l’intérieur ou de se sentir mal sans pour autant pouvoir être entendue et comprise. Elle pourra se sentir frustrée car ses besoins ne sont pas satisfaits.

Le point commun entre ces deux exemples, c’est que tous vivent mal cette situation. J’avais souvent conscience de vivre les situations de conflits avec beaucoup de difficultés, mais je n’avais jamais réalisé à quel point les personnes qui semblaient calmes vivaient également difficilement ces situations. C’est alors que j’ai compris que la non-violence permettait d’installer le dialogue sans que l’un ou l’autre n’ait à faire appel à un mécanisme de défense.

Je me suis rendu compte que la meilleure façon d’être écouté par l’autre est de ne pas parler plus fort, mais d’offrir à l’autre son écoute. Ce qui donne la possibilité à l’un puis l’autre d’exprimer son ressenti. Souvent, on serait surpris de voir combien de temps on peut se hurler dessus alors qu’en fait nos besoins fondamentaux ne sont pas bien différents les uns des autres et qu’il nous suffit de se parler franchement en gardant un fil conducteur (la CNV) pour parvenir à traduire ce que l’on ressent.

En conclusion

J’ai choisi d’utiliser cet outil selon l’un des principes de la permaculture qui est de prendre soin de soi. Je souffrais terriblement de ces accès de colère et je me voyais déjà devenir fou une fois en Haïti alors que je me confronterais, moi le petit Suisse pragmatique face à la réalité haïtienne qui parfois, peut-être chaotique. Il me fallait un outil pour me contrôler. Construire une ferme c’est bien, mais pas pour finir vidé émotionnellement et encore moins fâché avec tout le monde. Nous mettons un point d’honneur à vivre cette expérience de la façon la plus sereine possible.

Ce qui m’amène au constat suivant : pour modifier ce qui nous entoure, il faut se changer soi-même, car on ne peut changer personne d’autre que soi. En se changeant soi-même, c’est la perception que les gens ont de notre personne qui change et par conséquent leurs actions ou réactions et, peut-être, leur comportement.

J’espère que ce partage va parler à certains d’entre vous et je vous invite à faire le grand saut. Il fait bien meilleur de l’autre côté de la barrière ! Il existe pour ceux que cet article aura intéressé des formations de CNV partout dans le monde. Je vous invite à vous intéresser aux véritables pouvoirs de la communication !

David

Formations en Suisse Romande : https://www.cnvsuisse.ch/

Image by Frits Ahlefeldt, source: http://psychologue-lecres.fr/2015/12/16/la-communication-non-violente-faire-passer-le-message-autrement/

© 2017 PERMAYITI

Gestion des déchets

Même si la gestion des déchets n’est pas au cœur de notre plan de production, il est important de mentionner les actions qui seront réalisées. D’une part, d’un point de vue permaculturel, le recyclage a une place bien ancrée dans la cercle vertueux d’une exploitation agricole et d’autre part, étant donnée la situation écologique très critique de l’île et la direction prise récemment par l’état, il est primordial de sensibiliser la population du village à la gestion des déchets. En effet, l’insalubrité battant son plein en Haïti, le Ministère de l’Environnement, soutenu par de nombreuses entreprises privées, a pour objectif de développer une stratégie globale pour tout d’abord sensibiliser le peuple à la gestion des déchets et par conséquent à la protection de l’environnement et redéfinir le cadre légal régissant le secteur de l’assainissement. (Le Nouvelliste, 2017) Néanmoins, l’eau potable n’étant pas courante en Haïti, nombreux sont ceux qui ont recours à des bouteilles en PET ce qui leur assure de ne pas s’exposer à certaines maladies telles que le choléra. En conséquence, ce sont parfois des amas de bouteilles PET qui jonchent le sol et polluent les cours d’eau, la faute au manque de conscience écologique, de ressources étatiques ou encore de législations.

Dans le cadre de notre exploitation, nous :

  • Limiterons les déchets plastiques et non-recyclables.
  • Composterons puis réutiliserons les déchets organiques de la cuisine et des toilettes sèches comme engrais.
  • Utiliserons des récipients en verre réutilisables dans le respect de l’hygiène (stérilisation).

Nous souhaitons également travailler de corps avec la population afin de mettre en place une déchetterie locale et ainsi débarrasser le village de ses ordures, sensibiliser les gens de tout âge face à cette problématique et les familiariser avec ce principe permacole selon lequel rien ne se perd, tout se transforme.

Haïti est une île magnifique et mérite d’être préservée, c’est pourquoi la gestion des déchets est un des piliers capables de redynamiser le tourisme et pourquoi pas l’écotourisme.

Photo: The Amnesty International USA Blog

© 2017 PERMAYITI

Gestion de l’eau potable

Un des principes en permaculture est « un élément rempli plusieurs fonctions et une fonction est remplie par plusieurs éléments ». En effet, au même titre que l’expression « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », il est plus sûr de multiplier les sources que ce soit de revenus, d’eau ou d’énergie dans le cas où un élément est hors d’usage, un autre prend la relève et ainsi le système entier n’est pas mis en péril. Ce principe n’est pas seulement applicable en permaculture mais l’est également dans la finance où il est par exemple défini comme « diversification ».

Gestion de l’eau

Il est question dans cet article de la récupération et la gestion de l’eau à usage privé et non les besoins inhérents au maraichage. A Petite-Rivière de Nippes, l’accès à l’eau potable est restreint. L’eau n’est évidemment pas disponible au sein des ménages et les habitants doivent souvent marcher de nombreux kilomètres afin d’accéder au puit le plus proche si celui-ci est toujours en fonction après le passage dévastateur de l’ouragan Matthew.

Trois systèmes ont été sélectionné parmi les différentes options disponibles sur le marché : l’eau de pluie, le WaterSeer et le puit. Il est nécessaire de mentionner que notre consommation sera limitée au minimum et par conséquent des toilettes sèches seront installées au lieu des toilettes traditionnelles.

  • L’eau de pluie

L’eau de pluie, étant une source gratuite, est donc notre premier choix. Cette option nécessite uniquement un espace de captage, de stockage puis de filtrage. Selon les calculs basés sur les hypothèses et les données climatiques telles que la pluviométrie mensuelles et annuelles et en prenant en compte 20% de perte, il nous sera possible de capter plus de 78’000 litres d’eau par an grâce à notre habitation d’environ 75m2. (Permaculture Design, 2016) En Suisse, la consommation d’eau par personne est calculée comme détaillée dans le tableau ci-dessous. À partir de ces données, en éliminant uniquement les postes d’utilisation dont nous n’aurons pas utilité en Haïti tels que le lave-linge, le lave-vaisselle et la chasse des WC, notre potentielle consommation est réduite de moitié par rapport à la consommation suisse. (Service cantonaux de l’énergie et de l’environnement, date inconnue)

Utilisation

Suisse

Litre / jour / personne

Haïti

Litre / jour / personne

Chasse des WC

44

0
Bains et douches

32

30

Lave-linge

30

0

Cuisine et vaisselle à la main

24

24

Soins corporels, lessive à la main

21

20

Lave-vaisselle

4

0

Autres

4

4

Eau de boisson

1

2

Total 160

80

Selon les données ci-dessus, nos besoins en Haïti se monteraient donc à 80 litres par jour et par personnes soit à environ 58’000 litres par an deux personnes ce qui serait largement couvert par les 64’000 litres d’eau récupérée grâce à la toiture de notre habitat.

Le stockage de cette eau sera réalisé grâce à des citernes et des bidons sous et hors sol. Concernant la purification de l’eau, diverses variantes ont été étudiées et l’option la plus simple et la moins coûteuse est la méthode « SODIS » (Solar Disinfection) qui permet de désinfecter l’eau par le solaire en exposant des bouteilles PET remplies d’eau impropre à la consommation durant une période donnée. Avec l’objectif de pouvoir apporter des solutions à la population, nous souhaitons trouver une méthode accessible au plus grand nombre et c’est pourquoi cette solution a été choisie. L’application de la méthode « SODIS » en Haïti a été étudiée en 2001 et validée comme option viable pour la population pour autant que celle-ci respecte notamment la durée de deux jours d’exposition au soleil afin de tuer tous les parasites et virus présents dans l’eau. (Oates, 2001)

  • Le WaterSeer

Le WaterSeer est une installation éolienne permettant de condenser l’eau présente dans l’air. Elle est mobile, durable et n’a pas besoin de courant électrique pour fonctionner. (WaterSeer, 2017)

Elle a été conçue par la société américaine VICI-Labs dans le but de produire de l’eau potable : « Concrètement, elle est constituée d’une petite éolienne à axe vertical en surface et d’une chambre de condensation enterrée de 6 pieds de profondeur (près de 1,8 m). L’éolienne WaterSeer capte l’air environnant qu’elle propulse à l’intérieur de la chambre enterrée, le long d’un tube métallique. Là, l’air prélevé dans l’atmosphère refroidit et l’eau qu’il contient sous forme gazeuse se condense en eau potable sous l’effet de la baisse de température. La chambre de condensation fait office de citerne, l’eau y restant stockée. Une pompe manuelle permet de la récupérer en surface. A partir de ce système simple, WaterSeer peut, selon ses concepteurs, fonctionner en permanence sans alimentation électrique extérieure (mais sous réserve de disposer de vent). L’installation permettrait de récolter jusqu’à 37 litres d’eau par jour selon les premiers tests menés en avril 2016 en Californie dans des conditions arides. » (Connaissances des énergies, 2016)

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Source: Connaissances des énergies, 2016

Le coût final de cette installation s’élève autour de 1400 USD. Les premières livraisons pourraient être faites en janvier 2018.

La nécessité de cette installation sera déterminée à la fin de l’année 1 en fonction de nos besoins. Néanmoins, elle demeure intéressante surtout pour les enfants de l’école par rapport à sa simplicité et son efficacité. La raison pour laquelle nous ne la considérons que comme une option dès la première année, c’est le rapport au coût qui pourrait représenter une fortune colossale pour les Haïtiens. En effet, nous privilégions les solutions accessibles à tous.

  • Le puit

Un puit a été construit en 2015, sur le terrain #2 sur lequel se trouve l’école. Malheureusement, il n’a pas résisté à l’ouragan Matthew et s’est effondré. Nous souhaitons commander une étude pour la faisabilité d’une remise en état ou la construction d’un nouveau puit sur le terrain #1 ou le terrain #2. Cette étape est prévue lorsque nous serons sur place. Il est possible qu’en définitive elle ne soit pas nécessaire.

© 2017 PERMAYITI

Notre habitat

Au même titre que lors de la conception d’un design en permaculture et la mise en place d’une production maraichère, il est fondamental de prendre en compte la situation contextuelle dans la planification de la construction d’un habitat. Haïti étant sujette aux ouragans, tremblements de terre et autres catastrophes naturelles et qui également ne dispose que très peu de bois dû à la déforestation massive, tout type de construction ne convient pas à la situation.

Après avoir analysé les différentes options et effectué de nombreuses recherches et conversations avec des experts, nous sommes venus à la conclusion que la meilleure solution est la construction dite « SuperAdobe ». Ce type d’habitat est réalisé à partir de sacs appelés « Earthbags », disponibles en différentes tailles, rempli d’un mélange de sable et de terre puis empilés les uns sur les autres tels des « boudins ». Ils sont ensuite entourés de fil de fer barbelé afin de solidifier la construction et finalement enduits d’argile, chaux ou ciment. Cette pratique, connue mais peu réalisée en Haïti, est idéale car elle est antisismique, résistante aux ouragans et inondations, est peu couteuse et requiert peu d’éléments qui peuvent tous être trouvés sur place ou adaptés aux ressources disponibles localement.

Nous avons trouvé comme exemple le projet « Konbit Shelter » qui a été lancé par un groupe d’artistes, ingénieurs et architectes américains qui souhaitaient mettre à disposition leurs connaissances et expériences dans le but d’apporter de l’aide à la population haïtienne après le tremblement de terre en 2010. Leur objectif était de créer de belles structures collaborativement avec la population locale tout en utilisant la technique des Earthbags adaptée aux conditions tropicales de l’île. Ils sont parvenus à bâtir, dans le village de Cormiers, dans le nord d’Haïti, un centre communautaire ainsi que des maisons pour deux familles. Ayant résisté à l’ouragan Matthew en novembre 2016, l’exemple du projet Konbit Shelter est considéré comme étant une réussite.

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Photos d’illustration – Source: Konbit Shelter, 2014

Afin d’en savoir plus sur cette méthode nous avons suivi une formation théorique en ligne prodiguée par CalEarth, « California Institute of Earth Art and Architecture », qui est une organisation à but non-lucratif engagée à trouver des solutions en termes de logement. Leur mission est de donner la possibilité à quiconque de construire sa propre maison en utilisant la terre sous ses pieds. (CalEarth, 1999-2017) Leur objectif est de trouver une solution à la pénurie mondiale de logement dû notamment aux millions de réfugiés, de personnes déplacées et ceux vivant dans les habitations de mauvaise qualité. Pour répondre à ces besoins, CalEarth éduque le public à la construction de bâtiments autonomes et respectueux de l’environnement répondant aux normes de sécurité, de beauté, d’efficacité énergétique et de confort tout en honorant la vision du fondateur Nader Khalil. Étudiées par la NASA, les conceptions de CalEarth ont été approuvées et utilisées par les Nations Unies et ont décroché le prix d’architecture Aga Khan. (CalEarth, 1999-2017 )

Afin d’être capable de construire notre habitat, nous nous sommes inscrits à une formation pratique d’une semaine qui aura lieu en mars 2018 en Italie, prodiguée par Vida Terre, dont les fondateurs ont été formé par CalEarth. Découvrez les photos ici.

Nous avons pu visiter le village de Cormiers en novembre 2017 et avons pu parler avec les villageois ayant participés au projet. Nous sommes également en contact avec les architectes à l’origine du projet. Cette visite a été la confirmation que cette méthode est idéale tant face au contexte économique que climatique.

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